2003-2010, le GIFOD maintient son cap. "Etre un appui à l'individualisation des parcours grâce à l'outil facilitant qu'est la FOAD"

Le GIFOD, pour Groupement d’intérêt économique pour la formation ouverte et à distance, est né en 2003 de l’initiative de deux CFA bourguignons dans le but de développer et mutualiser l’utilisation des NTIC dans les pratiques de formation. Aujourd’hui, le GIFOD compte trois organismes de formation professionnelle continue et une dizaine de CFA adhérents, une plateforme capitalisant plus de 1 000 heures de contenus de formation et peut s’enorgueillir d’une expérience notable en matière de mutualisation de ressources et de pratiques. Une expérience sur laquelle nous revenons avec Jean-Luc Peuvrier, directeur de FORMeL, l’un des membres du GIFOD.
Les Nouvelles Brèves : Que retenir de ces sept premières années d’existence du GIFOD ?
Jean-Luc Peuvrier : Je pense qu’il faut retenir l’orientation fondatrice, forte et constante du GIFOD depuis sept ans : être un appui à l’individualisation des parcours de formation, quel que soit le public, quel que soit le niveau de formation, grâce à l’outil facilitant que représente la formation ouverte et à distance. C’est le dénominateur commun à tous les projets des membres du GIFOD.
LNB : Le GIFOD est né d’un fort besoin de partage de création de contenus de formation. Où en est aujourd’hui cette mutualisation ?
J.L.P. : Cela reste un axe de travail et de coopération fort au sein du GIFOD. Les membres adhérents - principalement des CFA - s’engageant à participer au développement des contenus de formation, ce sont donc, à l’heure actuelle, plus de 1 000 heures de contenus de formation accessibles sur la plateforme, sur des matières variées en fonction des enseignements dispensés par l’ensemble des membres. C’est une démarche plutôt remarquable car il y a très peu de projets de mutualisation de ce genre, en Bourgogne ou ailleurs.
LNB : Que recherchent les organismes qui adhérent au GIFOD ?
J.L.P. : Les intérêts des adhérents sont en réalité de trois ordres : accéder en effet aux contenus de formation, mais également participer à une communauté d’utilisateurs permettant la mutualisation de pratiques, et aussi bénéficier d’un accompagnement de projets, qui s’apparente même dans la plupart des cas à un accompagnement au changement.
Les intérêts sont donc très différents d’un membre à un autre, selon leur avancée dans leur projet. En ce qui concerne la mutualisation des pratiques, certains peuvent avoir besoin d’échanger en matière de pratiques pédagogiques, alors que d’autres recherchent plutôt de l’échange d’expériences, comme par exemple des directeurs d’établissements qui peuvent avoir l’impression de porter seul le projet de développement de la FOAD. D’où l’importance d’accompagner également au changement. Depuis 2005, le GIFOD réalise un vrai travail de fond sur la formation à l’individualisation et à la scénarisation des parcours de formation pour aider les formateurs à intégrer la FOAD dans leurs pratiques. La professionnalisation des acteurs est une démarche à long terme.
LNB : Comment est utilisée la modalité FOAD par les adhérents du GIFOD ?
J.L.P. : Quelques chiffres, peut-être, pour illustrer cet usage : en 2009, sur un potentiel de 7000-8000 apprentis/stagiaires, 2 828 apprenants ont suivi un dispositif FOAD, avec des proportions très variées d’un établissement à un autre. Par exemple, pour la formation des tuteurs mise en œuvre à l’IFPA, 90 % de la formation est réalisée à distance. Dans les CFA, la proportion de suivi de formation en FOAD varie de 3 à 25 %., cela dépend de l’expérience de l’établissement, de la mise en œuvre, des besoins… Il faut savoir également que les CFA étaient confrontés, il y a encore quelques mois, à de véritables freins au développement des formations à distance liés au cadre législatif de l’alternance. Depuis, nous avons obtenu une clarification ministérielle importante sur la réglementation des formations à distance pour l’apprentissage et nous allons pouvoir avancer en ce sens. (*)
LNB : Quels sont les projets du GIFOD dans les mois à venir ?
J.L.P. : Nous envisageons un développement de notre plate-forme de formation autour de nouveaux usages tels que le Web 2.0, les classes virtuelles,… Cette évolution va nous permettre notamment de faire un lien avec le livret d’apprentissage dématérialisé, qui contiendra par exemple des informations sur le temps passé en FOAD. Une manière d’impliquer plus les maîtres d’apprentissage et les tuteurs en entreprise dans l’acte et le suivi de formation, et par conséquent d’améliorer la personnalisation des parcours professionnels.
Nous sommes de manière générale très attentifs aux évolutions technologiques. L’objectif : développer les possibilités du «En tout lieu» permis par la formation ouverte et à distance. Tout comme nous avons tenté de podcaster des séquences de formation, nous guettons très attentivement la sortie de la tablette de lecture I-PAD. Quoi qu’il en soit, les innovations technologiques n’ont de valeur que par les usages que les acteurs de la formation en feront.
Propos recueillis par Laure Athias
(*) Pour consulter le communiqué de presse du FFFOD du 6 juillet 2009 précisant cette clarification : http://fffod.over-blog.com/article-33503879.html
En savoir plus : www.gifod.fr
Contact : Jean-Luc Peuvrier – Tél : 03 81 31 23 02 – Mail : jlpeuvrier@gifod.fr
Le GIFOD, en 2009, c’est :
- 12 membres, dont 7 bourguignons
- 2 828 apprenants ayant bénéficié d’un dispositif de FOAD
- 2 500 heures de formation suivies en modalité FOAD
- 150 formateurs, tuteurs ou concepteurs de contenus associés à une démarche de développement de la FOAD
Les membres du GIFOD (Avril 2010)

Interview parue dans les Nouvelles Brèves du C2R Bourgogne, n°34, avril 2010
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